Aller au contenu

Distance de plantation en limite de propriété

Arbre ou haie près du voisin : distance et hauteur selon l'article 671 du Code civil, exceptions, prescription trentenaire datée et branches qui dépassent.

En France, le Code civil impose 0,5 m entre la limite séparative et une plantation de 2 m au plus. Une plantation plus haute doit rester à 2 m, sauf règle locale. Le voisin peut exiger la réduction ou l'arrachage d'une plantation trop proche, sauf titre, destination du père de famille ou prescription trentenaire.

Règle de distance appliquée

Le Code civil, sauf règlement ou usage local connu

En espalier contre le mur séparatif ?

Aucune distance, mais pas au-dessus de la crête

Du pied au sommet, quel que soit le niveau du sol

De la ligne séparative au milieu du tronc

Exception de l'article 672

Accord écrit, ou terrain planté avant sa division

Date de plantation

Départ des 30 ans si elle est trop près à toute hauteur

Date de dépassement de la hauteur permise

Après la dernière taille sous cette hauteur

Situation de la plantation

Trop haute pour sa distance : réduction ou arrachage exigibles avant la prescription

Hauteur permise à cet endroit
2 m
Distance exigée pour cette hauteur
2 m
Distance manquante
100 cm
Hauteur à couper
100 cm
Protégée par la prescription trentenaire à partir du
16 juin 2052
Délai de 30 ans compté depuis
Le dépassement de la hauteur permise
Branches et racines (art. 673)
Coupe exigible à tout moment, sans prescription
Remplacement après mort ou abattage
Seulement aux distances légales

ZoneÀ partir deHauteur permise
Trop près0 mAucune plantation
Hauteur limitée0,5 m2 m
Hauteur libre2 mSans limite

Saisissez la hauteur d'un arbre ou d'une haie, sa distance à la limite et ses dates. Le vérificateur applique le Code civil ou une règle locale, dit ce que le voisin peut réclamer et date la prescription. Règles vérifiées le 6 octobre 2026.

Article 671 : deux distances et une hauteur

L'article 671 du Code civil fixe la distance minimale de plantation par rapport à la ligne séparative de deux terrains. Une plantation dont la hauteur dépasse 2 m doit se trouver à 2 m au moins de cette ligne. Les autres, de 2 m ou moins, se contentent de 0,5 m. Ces chiffres ne valent qu'« à défaut de règlements et usages » : un règlement particulier ou un usage constant et reconnu passe avant eux. Le texte vise les arbres, arbrisseaux et arbustes de toute espèce, haies comprises (Service-Public, fiche F614). Si la distance n'est pas respectée, le voisin peut exiger la réduction ou l'arrachage. Trois exceptions l'en empêchent : un titre, la destination du père de famille et la prescription trentenaire.

Distance à la limite et hauteur permise (article 671 du Code civil)
Distance au troncHauteur permiseCe que le voisin obtient
Moins de 0,5 mAucune plantationL'arrachage
De 0,5 m à moins de 2 m2 m au plusLa réduction à 2 m ou l'arrachage
2 m et plusSans limiteRien au titre de l'article 671

L'expression « arbres de haute tige », fréquente en ligne, n'est pas celle du texte en vigueur. La Belgique et la Suisse ont leurs propres règles.

Où se mesure la distance, depuis le tronc ou les branches ?

Depuis le tronc. La distance part de la ligne séparative et s'arrête au centre du tronc, l'axe médian retenu par la Cour de cassation (1er avril 2009). Le houppier n'entre pas dans ce calcul.

La hauteur de la plantation se mesure sur le végétal lui-même, du pied au sommet, quel que soit le niveau du terrain voisin. Si le tracé de la limite est incertain, un bornage le fixe.

Hauteur d'une haie près du voisin et haie mitoyenne

Une haie vive, faite d'arbustes vivants, suit l'article 671 comme un arbre isolé. Plantée à 0,5 m de la ligne, elle peut atteindre 2 m sans les dépasser : à cette hauteur exacte, le vérificateur la déclare conforme. Thuyas, lauriers ou bambous obéissent aux mêmes chiffres.

La haie mitoyenne, plantée sur la ligne même, appartient aux deux voisins, qui en partagent l'entretien et les frais.

Espaliers contre un mur mitoyen ou un mur privatif

Contre le mur séparatif, un arbre en espalier échappe à toute distance, mais il ne peut pas dépasser la crête du mur (article 671, alinéa 2). Sur un mur mitoyen, les deux voisins peuvent y appuyer des espaliers. Sur un mur privatif, seul son propriétaire le peut.

Un espalier de 2,2 m contre un mur de 1,8 m dépasse ainsi la crête de 40 cm. Faute de source sur le départ des 30 ans dans ce cas, le vérificateur ne date aucune prescription pour un espalier.

Usages locaux, lotissement et PLU

L'article 671 est supplétif : les règlements particuliers et les usages constants et reconnus passent avant lui. Ces usages locaux, recueillis par les chambres départementales d'agriculture, varient d'un département à l'autre.

Un règlement de lotissement ou un cahier des charges peut aussi fixer sa propre hauteur. Elle remplace alors celle du Code, et les 30 ans courent du jour où elle a été dépassée. Avec une limite de 1,3 m, une haie de 1,6 m plantée à 1 m du voisin doit perdre 30 cm.

Service-Public renvoie à la mairie. Qu'un plan local d'urbanisme vaille règlement particulier n'est pas tranché. Le vérificateur ne lit ni PLU ni arrêté municipal : le choix « Règle locale » attend les trois chiffres de la règle applicable.

Article 672 : réduction, arrachage et prescription trentenaire

L'article 672 du Code civil permet au voisin d'exiger qu'une plantation trop proche soit arrachée ou réduite. Entre 0,5 m et 2 m, son propriétaire choisit entre la réduction à 2 m et l'arrachage. Seul un végétal à moins de 0,5 m peut être arraché d'office (Cour de cassation, 30 juin 2021).

Trois exceptions bloquent cette demande. Le titre est un écrit qui autorise la plantation. La destination du père de famille vise un terrain planté avant sa division. Reste la prescription trentenaire.

Le point de départ des 30 ans

Pour un végétal trop haut, le délai court du jour où il a dépassé la hauteur permise (Cour de cassation, 8 décembre 1981). Pour un végétal planté trop près, il part de la plantation, selon la jurisprudence. Une taille sous la limite remet le compteur à zéro.

La preuve incombe au propriétaire qui l'invoque : factures ou photos datées, souvent gardées bien au-delà des durées de conservation des documents usuelles.

Le vérificateur compte jusqu'à la même date, 30 ans plus tard, et protège la plantation dès le lendemain ; la méthodologie décrit cette lecture. Un arbre passé au-dessus de 2 m le 15 juin 1996 est ainsi protégé à partir du 16 juin 2026, l'un des cas de contrôle. Un arbre mort ou abattu ne se remplace qu'aux distances légales (alinéa 2).

Exemple : une haie de 3 m plantée en avril 2019

Une haie de 3 m, plantée le 15 avril 2019 à 1 m de la limite, a dépassé 2 m le 15 juin 2022. Trop haute pour sa distance, elle peut perdre 100 cm pour revenir à 2 m, ou être arrachée, au choix de son propriétaire. La prescription la protégerait à partir du 16 juin 2052.

Taillée à 1,5 m mais plantée à 30 cm, elle serait trop près à toute hauteur, avec 20 cm manquants. Les 30 ans partiraient alors de la plantation, pour une protection à partir du 16 avril 2049.

Le vérificateur ne situe pas la limite, ne contrôle aucune preuve de date et ne juge pas un trouble de voisinage.

Branches, racines et ronces qui dépassent

L'article 673 du Code civil règle ce qui franchit la limite. Le voisin peut contraindre le propriétaire à couper les branches qui avancent chez lui, mais pas les couper lui-même (Service-Public, fiche F614).

Racines, ronces et brindilles, en revanche, peuvent être coupées par le voisin lui-même, à la ligne séparative. Les fruits tombés naturellement lui appartiennent. Le droit d'exiger l'élagage est imprescriptible : même protégé par la prescription, un arbre reste à élaguer sur demande.

Que faire si le voisin refuse ?

Écrire d'abord, tenter une conciliation ensuite : le tribunal ne vient qu'après. Service-Public décrit une lettre recommandée avec accusé de réception, valant mise en demeure.

Pour les demandes introduites à partir du 1er octobre 2023, une conciliation, une médiation ou une procédure participative précède l'action (article 750-1 du Code de procédure civile). Les litiges de distance de plantation et d'élagage y sont soumis, par renvoi à l'article R211-3-8 du Code de l'organisation judiciaire. Le conciliateur de justice est gratuit.

Une dispense joue notamment quand aucun conciliateur ne peut recevoir les parties dans les 3 mois. Faute d'accord, le tribunal judiciaire tranche. Un constat de commissaire de justice peut alors dater les mesures.

Un arbre conforme peut encore causer un trouble anormal de voisinage, comme une forte perte de lumière, que le juge apprécie au cas par cas.

Questions fréquentes

À quelle distance planter une haie du voisin ?

À 0,5 m au moins si elle reste à 2 m ou moins, à 2 m si elle doit pousser plus haut. Un règlement ou un usage local peut fixer d'autres chiffres.

Quelle hauteur pour une haie plantée à 50 cm de la limite ?

2 m au plus, du pied au sommet. Plus haute, elle peut être réduite ou arrachée, au choix de son propriétaire.

La règle s'applique-t-elle aux arbres isolés ?

Oui. Le Code civil vise les arbres, arbrisseaux et arbustes de toute espèce, seuls ou en haie : un chêne isolé suit les mêmes distances qu'un thuya.

Un arbre de plus de 30 ans peut-il encore être arraché ?

Oui, parfois. Le délai ne suit pas l'âge de l'arbre : il court du jour où celui-ci a dépassé la hauteur permise, ou de sa plantation s'il est trop près.

Peut-on obliger un voisin à couper ses arbres ?

Oui, quand la plantation enfreint la règle sans exception qui la couvre. Faute d'accord, le tribunal tranche, après la tentative de conciliation.

Le voisin peut-il couper lui-même les branches qui dépassent ?

Non. Il en réclame la coupe au propriétaire de l'arbre, à tout moment, mais ne coupe lui-même que racines, ronces et brindilles.

Peut-on couper les racines de l'arbre du voisin ?

Oui, jusqu'à la limite séparative et sans accord préalable. Ce droit ne se perd pas avec le temps, même pour un arbre protégé par la prescription.

Qui doit tailler une haie mitoyenne ?

Les deux voisins, à frais communs, puisque la haie leur appartient à tous deux. Une haie privative reste à la charge de son seul propriétaire.

Vérifié sur des résultats connus

Chaque cas ci-dessous a un résultat fixé par sa source. Le calculateur le recalcule à chaque publication, et une page qui ne correspond plus n'est pas publiée.

Sources

Les chiffres et les règles de cette page ont été vérifiés le à partir de ces publications.

Outils similaires